(c’est pour fin Octobre)

Attention HopHopHoooop je préviens tout de suite le lecteur égaré, cet article n’a aucun rapport avec moi directement ni avec le Québec, et j’ai mis aucune photo ni d’images à colorier. C’est juste qu’en option Management je devais réaliser un écrit de 3 pages sur la Crise Financière de l’été, ou crise des Subprimes, et que mine de rien, c’est plutôt un truc de malade cette crise.

J’en avais entendu parler comme tout le monde, mais après lecture et compréhension du sujet (enfin je crois), je réalise la portée de cette chose, à savoir la supposée fin de l’architecture économique mondiale telle qu’on l’a connait aujourd’hui. J’avais envie de partager ma pseudo analyse de la chose, si l’envie vous prend de critiquer allez-y je l’ai pas encore rendue à mon prof. Et si vous voyez des passages compliqués dites-le aussi tiens.

Pour entendre les prophéties de Nostradamus cliquez sur Lire la suite, et si rien ne s’affiche cliquez sur le titre de cet article ;)

(J’ai pas mis mes sources vu que je n’ai pas encore été noté pour ce travail, mais les chiffres ne proviennent pas du chapeau de David Copperfield. Ou alors David possède un chapeau plutôt rempli..)

La crise financière de l’été : manifestations, origines et conséquences. Vous vous interrogerez également sur les raisons de la si rapide internationalisation de la crise.


L’été 2007 restera dans les mémoires comme le début d’une crise financière mondiale. Cette crise, appelée La Crise des Subprimes, touche et ravage bons nombres de banques internationales, sans oublier les effets de contagion sur d’autres secteurs.
Les médias habituels pointent du doigt la défaillance du marché immobilier américain, ainsi que des prêts immobiliers risqués, comme sources du problème, sans pour autant mesurer la gravité de la situation.
Le Laboratoire Européen des Analyses Politiques, le LEAP/E2020, annonçait pourtant en Février 2006 la « fin de l’Occident tel qu’on le connaît depuis 1945 ». Le Washington Post publia le 26 Juin un article intitulé “Le crash de l’économie américaine a démarré”. Cette crise à double-face, dans un premier temps immobilière puis boursière, soulève énormément d’interrogations.

Faut-il être autant alarmiste ? Quelle est la corrélation entre une crise immobilière de l’autre coté de l’océan et les dégâts enregistrés en Europe ? Qu’est-ce que les Subprimes ? Quelle est la gravité de la situation à l’heure actuelle, et ses conséquences futures ? Consacrons-y quelques paragraphes afin de clarifier cette situation.

Le contexte économique actuel
A la fin de la seconde guerre mondiale, la planète grandit sous l’autorité des USA et de l’URSS, du moins jusqu’en 1989 et l’effondrement du bloc soviétique. Depuis, l’économie américaine est devenue le pilier unique de l’ensemble du système financier et bancaire mondial. Cependant depuis le milieu des années 1990, l’émergence toujours en expansion de nouveaux pôles technologiques, industriels ou de services affaiblissent la compétitivité de la production US.
Les ménages américains atteignent les limites possibles de l’endettement, avec un ratio de 30.000$ par habitant. Au niveau public, ce n’est guère mieux puisque l’Association Américaine des Ingénieurs Civils estime « à 1.600 milliards de dollars sur cinq ans les investissements nécessaires uniquement pour remettre en bon état les infrastructures (routes, ports, aéroports, adduction d’eau, barrages, … ) des Etats-Unis». Cette dette américaine, qu’elle soit publique ou privée, est devenue sans précédent, à tel point que celle-ci s’est imposée comme le bien le plus “produit” en Amérique.

Les prêts Subprimes
Parallèlement à cette déconfiture de l’économie américaine, un marché très lucratif se développe outre-atlantique depuis une vingtaine d’années, celui des Subprimes.
Les Subprimes sont des prêts immobiliers accordés aux revenus modestes aux USA, et désignent plus particulièrement une forme de crédit hypothécaire. Ces prêts mettent en avant une pratique douteuse au niveau éthique mais légale, qui consiste a vous proposer un prêt immobilier alors que vous obtenez peu de revenus. En France, une comparaison sur le principe est réalisable avec les sociétés qui vous assurent alors que toutes les autres vous ont refoulés. Evidemment les taux d’intérêts du remboursement sont plus élevés que chez les concurrents, taux variable qui plus est dans le cas des Subprimes.

La particularité des Subprimes est donc que ces crédits immobiliers sont garantis sur les biens immobiliers eux-mêmes, c’est-à-dire qu’une famille peut acheter une maison à crédit et en cas d’impossibilité pour eux de rembourser l’emprunt, la banque récupère la maison pour ensuite la revendre. La valeur de la maison garanti donc le prêt, alors que d’habitude les emprunts sont garantis sur les salaires d’une personne. Mais si la maison perd de sa valeur, alors les banques ne sont plus assurées d’être remboursées en cas de difficultés.
Aux Etats-Unis, les Subprime sont donc des crédits immobiliers risqués, mais pourtant souscris par des millions de particuliers issus des classes populaires. Avec une bonne conjoncture, le principe théorique de ce système de prêt est louable, mais la situation économique de 2006 et 2007 en Amérique est venue compliquer la donne.

Depuis 2002, une forte demande de logements poussa les promoteurs à construire. Avec une forte demande et peu d’offres, une bulle immobilière était en place. Près de 4 millions d’habitations furent bâties dans l’horizon 2006, pour une demande de 2 millions. Cette trop forte offre renversa la donne et la bulle immobilière s’éclata rapidement, les prix de l’immobiliers baissèrent, et des milliers de personnes ayant contracté un prêt Subprime furent dans l’incapacité de garantir leur prêt.

Face a cette situation, les banques de crédits augmentèrent les taux d’intérets afin de palier ce risque de non-paiement. La plupart des américains étant déja endettés et insolvables, ces banques de prêts sont aujourd’hui dans l’incapacité de récupérer leur fonds, et la plupart de ces établissements ferment. Vendredi 28 Septembre, le numéro 10 du secteur fermait ses portes, après une chute de sa valeur boursière de 90% en une séance. 7000 licenciements à effet immédiat à la clé. Un de ses concurrents, Accredited Home Lenders, s’attend à connaître un sort similaire vu que son titre s’est effondré de 35% jeudi à Wall Street, et annonce déjà 60% de suppression d’effectifs. Courant Août 2007, cela culmine à plus de 21.000 suppressions de postes coté américain.

Ces faillites à répétitions sont-elles à elles seules responsable de la crise boursière actuelle ? Assurément non, mais le lien entre ces deux entités tient en un mot : titrisation. Ces établissements de crédit avaient transformé ces emprunts en titre sur le marché de la bourse.


La titrisation entre en scène

Ce terme issu du jargon français, signifie grossièrement “transformation de titres illiquides sous forme de liquidités, comme des obligations”. Concrètement cela signifie qu’il est possible de transformer les emprunts sous forme de titres, en bourse, et de les distribuer à n’importe qui. Ce procédé est encore une fois très rentable en théorie, car l’on peut imaginer qu’un particulier emprunte 10.000 $, et devra en rembourser 15.000$ avec les intérêts. Les banques spécialisées dans les Subprimes émettent en bourse un titre de 15.000$, mais le vendent 12.000$. L’acheteur a la garantie que ce titre va grimper jusque 15.000$.
Mais à partir du moment ou personne ne peut plus garantir ces titres, que ce soit les particuliers insolvables ou les banques en faillite, ni même l’état, ce titre n’a plus de valeur.
Lorsque l’on sait que 67% des prêts hypothécaires aux USA ont été “titrisés”, on imagine les sommes en jeux sur l’échiquier mondial.

Ce “tour de magie” boursier explique en grande partie la crise des Subprimes, car toutes les banques étrangères, même sans le savoir et sans réel pouvoir de chiffrement de la chose, se sont aperçues posséder des titres de Subprimes. C’est pendant cet été 2007 que toutes ces banques internationales se sont rendues à l’évidence que ces dettes ne seraient jamais remboursées, mais beaucoup trop tard pour en prévoir les impacts.

Effet domino à court et long terme
Le 9 Août dernier, alors qu’une semaine auparavant elle déclarait être à l’abri de ce genre de désagréments et ne possédait pas de titres Subprimes, car elle n’avait pas participé à ce genre d’investissement à risque, la banque BNP Paribas réalise son erreur, gèle la cotation de 3 fonds d’investissement. Plus personne ne se sent à l’abri, la panique gagne les marchés boursiers, ce 9 Août sera surnommé le nouveau Jeudi Noir.
Pour faire face a la crise, la Banque Centrale Européenne injecte ce même jour 95 milliards d’euros dans l’économie, et la Fed (Banque Fédérale Américaine) 24 milliards de dollars. Plus que pour le 11 Septembre 2001.

Dans les 20 jours d’Août suivants, environ 200 autres milliards furent injectés, respectivement par la BCE, la FEd et la BoJ (Banque du Japon). Le CAC40 chute, Tokyo et Londres dévissent et atteignent leur plus bas taux depuis huit mois. le 26 Août, l’ancien secrétaire d’Etat américain au Trésor Larry Summers estime que le risque d’une récession aux Etats-Unis est au plus-haut depuis 2001. Le 17 septembre: le titre Northern Rock perd jusqu’à 40% en Bourse. Les clients de la banque ont retiré près de 3 milliards d’euros durant le week-end, après avoir appris qu’elle avait eu recours à un prêt d’urgence de la Banque d’Angleterre. le 1 Octobre, la banque Suisse UBS annonce 1.500 suppressions de postes au vu de ses pertes.

Aux Etats-Unis, Le président de la Commission bancaire du Sénat des États-Unis, Christopher Dodd, estime qu’entre 1 à 3 millions d’américains pourraient perdre leur logement suite à cette crise. Selon la Fed, les pertes pour les banques pourraient s’élever à hauteur de 100 à 150 milliards USD pour un marché de 8 400 milliards d’encours de crédit.

Cette chronologie non exhaustive démontre bien le caractère international de la crise, ainsi que sa rapidité. Les effets à court-termes de la crise des Subprime risquent de défrayer les chroniques encore quelques temps, mais dans un plus long terme, que cache cette crise financière ?

La fin du rêve ?
Beaucoup d’analystes s’accordent à dire qu’à moins de la contrer rapidement, les Etats-Unis vont connaître au moins une récession (diminution passagère de la production), si ce n’est plusieurs, pour certainement arriver dans une phase de croissance lente, comparable a celle de la France.

Mais bien plus loin que cela, ce sont les fondements du néolibéralisme qui sont remis en cause du même coup. Le néolibéralisme est une sorte de version moderne du capitalisme, ouvrant à la concurrence des secteurs comme la santé, l’éducation ou encore comme ici les banques. Sans un désengagement de l’état américain dans ce secteur, les titres Subprimes auraient été garantis.
Alors si l’Amérique du Nord, hyperpuissance mondiale, critiquant assez facilement notre vieille Europe et prônant son système nèolibéral, ne possède pas de système viable aujourd’hui, c’est bien que le pilier sur lequel se fonde l’économie mondial est en train de se fissurer, que le rêve américain commence à boiter très sérieusement.

Le LEAP/E2020 pose cette question pertinente : «combien d’experts, de banquiers centraux, de journalistes financiers, de politiciens américanistes fascinés par l’Amérique seront capables de comprendre cet enchaînement de phénomènes qui remet en cause leur vision du monde ? Et le feront-ils à une vitesse suffisante, sans attendre les sursauts censés être programmés dans une Amérique d’aujourd’hui qui n’a plus rien à voir avec celle du milieu du XX° siècle, et qui n’arriveront plus ?» La suite sera dans les kiosques..

Imprimer cet article Imprimer cet article